2014, un musée sort de terre !

12 ans, c’est le temps qu’il aura fallu à une petite association pour réaliser un immense projet. De l’approbation par son assemblée générale, en novembre 2002, d’un crédit nécessaire à l’élaboration d’un avant-projet à l’acquisition du terrain en 2005, de l’obtention du permis de construire en 2007 à la construction du bâtiment à la fin de l’année 2010, le musée du tram aura coûté à ses protagonistes de la sueur, des angoisses, mais aussi d’immenses satisfactions.

Au sein de l’ANAT, ces douze dernières années ont permis aux plus anciens, souvent membres fondateurs de l’association, de voir un rêve se réaliser. Car le projet de musée figurait déjà dans les objectifs des pionniers de 1976. Aux plus jeunes, elles ont signifié la possibilité de connaître de près la réalité de ce que furent les anciens trams du temps de l’apogée du réseau ferré urbain de la ville.

Les efforts fournis par les membres à raison de samedis entiers passés à remettre en état la motrice 45, ancien emblème de la ligne 5 Neuchâtel-Boudry, la préparation des expositions retraçant l’histoire des transports en commun britchons ou encore la récolte et le recensement d’archives inédites auprès de particuliers ; toutes ces activités ont permis aux membres de recréer un puissant sentiment de familiarité avec ce mode de transport et son passé.

A cet égard, les souvenirs de tout un chacun, véhiculés dans le cadre familial, ont pris corps et les anecdotes innombrables alimentant la mémoire collective sont devenues encore plus vivantes : «Tu te souviens quand on montait dans la remorque en revenant de l’école et, qu’avec les copains, en sautant sur la plateforme, on la faisait danser au risque de dérailler» ou «une fois en descendant Champ-Coco, j’ai tiré la corde du pantographe et la motrice s’est mise à dévaler la pente à toute biture» et encore «lors d’une Fête des vendanges, j’ai mis une série de tubes de moutarde sur les rails de la boucle à la Place Pury. Quand le tram est arrivé, il les a tous écrasés les uns après les autres et a arrosé les gens qui attendaient autour !» Ceci sans compter, les inénarrables gamelles des cyclistes dont les roues se prenaient dans les rails à l’un ou l’autre point de la ville.

Le musée du tram permettra à tous ces souvenirs de ressurgir, d’être contés et aux parents ou grands-parents de transmettre ces petits pans d’histoires personnelles qui font aussi la richesse de l’histoire collective.

Au vent d’optimisme qui souffle suite à la réalisation de cette grande étape, l’ANAT se doit néanmoins de garder la tête froide, car tout n’est pas terminé et de loin. Les aménagements intérieurs et extérieurs ont pris forme, les véhicules sont sagement garés et attendent que des mains habiles s’occupent de leur redonner leur lustre d’antan, mais il n’en reste pas moins que d’importants travaux restent à accomplir.

Qu’il s’agisse de l’électrification du «réseau», du raccordement au système de sécurité de la désormais ligne 215 de transN ou encore de l’entretien du bâtiment et de ses alentours, ce n’est pas le travail qui risque de manquer à l’avenir.

Etapes clés
2002

Approbation de principe par l’assemblée générale ordinaire

Elaboration d’un avant-projet

2005

Acquisition du terrain à Areuse
2007

Obtention du permis de construire

Mars 2010

Construction du gros-oeuvre du bâtiment
Novembre 2010

Les voitures de tramway pénètrent dans le bâtiment
2011-2013

Finitions et aménagements intérieurs
2014

Ouverture au public

Le musée du tram est né

2016

Si le financement le permet, électrification des voies de raccordement. Sans quoi, Le Britchon ne roulera plus à l’horizon 2018 lors de son rapatriement dans notre musée !